La cuisine ayurvédique

“La cuisine ayurvédique est source de bien-être, de santé et de joie”

Selon l’Ayurvéda, le système digestif est le plus important des systèmes. Il permet de nourrir correctement l’organisme et aussi d’éliminer ce qui n’est pas utilisé par l’organisme. Tout comme notre voiture pour qu’elle puisse fonctionner normalement, notre corps a besoin aussi du bon carburant pour rester en bonne santé. La base de la nutrition ayurvédique tient sur 2 piliers :

  • maintenir son Feu Digestif Agni au TOP, cela veut dire qu’il ne soit ni trop faible ni en excès

  • manger selon sa constitution en équilibrant dans son assiette les 6 goûts/saveurs ou Rasas.

Ballonnements, gaz, constipation, diarrhées, sensations de brûlures, de lourdeur ou de pesanteur voire parfois somnolence après les repas, sont les petits tracas du quotidien. Selon l’Ayurvéda, cela indique que le Feu Digestif Agni ne fonctionne pas correctement et que les aliments consommés en terme de goût déséquilibrent les Doshas. Pour toutes ces raisons, il est indispensable d’avoir une alimentation équilibrée et adaptée à la constitution et feu digestif de chacun. Encore une fois, l’Ayurvéda traite au cas par cas, il n’y a pas de standard, chacun est unique. Quand on vit seul c’est ultra facile, et quand on vit en communauté, la solution c’est de s’adapter.

La manière de cuisiner et la façon dont on mange et ce que l’on mange influencent notre bien-être et notre santé. “Que ton aliment soit ton médicament” disait Hippocrate. L’alimentation est la base de la santé. L’Ayurvéda l’a compris il y a bien longtemps et recommande une alimentation de saison BIO de préférence végétarienne et adaptée à sa constitution Vata, Pitta ou Kapha et à son Feu digestif Agni. Certains aliments ont d’une part une qualité froide ou chauffante, ce qui influence Agni et d’autre part, un certain goût (Rasa) ce qui influence les Doshas : Vata, Pitta et Kapha.

Source de l’image : https://mythologica.fr/hindou/agni.htm

« Agni est le dieu du feu dans l’hindouisme, et sa flamme symbolique séjourne en toute chose : notre corps est animé de son feu sacré, source de vie (la digestion des aliments est une combustion), comme les pierres (deux pierres frottées donnent du feu). Portant la lumière dans le monde, Agni est le dieu de la purification. A chaque rituel accompli dans les temples, c’est lui qui s’offre en personne et porte les prières des hommes jusqu’aux dieux. Sa fumée s’élève lentement vers le ciel et véhicule les rêves des hommes. (…) Il délivre les hommes des souffrances du froid, le lave des souillures (l’eau bouillante purifie les aliments, l’eau chaude nettoie les intestins). Tel le premier alchimiste, il transforme la matière en pur esprit. (…) Agni est aussi prodigue en abondance matérielle et est associé aux mouvements d’argent, aux revenus. »
Vastu Shastra, Feng Shui Sacré de l’Inde par Alexandra Virag ; Édition Trajectoire

Agni tient un rôle clé dans notre homéostasie. Il est en charge d’une part de la transformation des aliments afin qu’ils puissent être absorbés correctement par notre muqueuse intestinale et d’autre part il est responsable de l’élimination des déchets dans tout l’organisme. Au niveau psychique, un Agni en excès peut donner des colères ou quand il est faible, le manque d’énergie se fait sentir. Les crudités, les plats et boissons froides le fragilisent à terme. En revanche, manger chaud des plats cuisinés et les boissons chaudes auront une influence bénéfique sur Agni.

D’une manière générale, Agni est :

  • calmé quand il est en excès (diarrhées, brûlures) par la qualité “fraîcheur” avec des épices comme la coriandre, la menthe, la rose

  • tonifié quand il est faible (constipation, gaz) par la qualité “chaude” avec des épices comme le gingembre, le thym, la sarriette

Rappel : La tasse d’eau chaude du matin à jeun aide aussi à stimuler Agni. Ce petit geste quotidien représente la douche de l’intestin et aide à éliminer les déchets. C’est la mesure numéro 1 à mettre en place en cas de constipation.

En Ayurvéda tout est question de goût/saveurs ou Rasa en Sanskrit qui signifie “goût et nourrir”. Tout le monde connaît les 4 goûts primaires : sucré, salé, acide et amer. L’Ayurvéda distingue en fait 6 goûts : doux, salé, acide, amer, astringent et piquant.

1. Doux dont la fonction est d’accroître les tissus corporels se retrouve dans les céréales, laitages, viande, fruits, les graisses, certains légumes…
2. Acide a pour fonction d’aider à la digestion; il est dans les agrumes, le seigle, tamarin, les aliments fermentés, les fromages…
3. Salé purifie les tissus corporels et active la digestion et se retrouve dans le sel, les algues, les olives noires…
4. Amer nettoie le foie, ôte les toxines du corps; il se trouve dans les laitues, curcuma, livèche, céleri branche, aloé vera, le café, les alcaloïdes…
5. Piquant équilibre les sécrétions corporelles: il y en a dans le gingembre, les raves, radis, ail, oignon, les tanins…
6. Astringent ressert les tissus et réduit les sécrétions : il est présent dans les tisanes, épinards, pomme, miel, …

 Goût

 Éléments

 Propriétés

 Doshas +/-

 Équilibré

 Sentiment

 En excès

 Doux

 Terre, Eau

 Blocage

 V- P- K+

 Amour,  satisfaction

 Avarice

 Possessivité

 Acide

 Terre, Feu

 Blocage

 V- P+ K+

 Pertinence  mentale

 Jalousie

 Envie, regret,  rancune

 Salé

 Eau, Feu

 Purification

 V- P+ K+

 Légèreté  spirituelle

 Envie

 Dépendance,  rigidité

 Amer

 Air, Éther

 Purification

 V+ P- K-

 Clarté mentale,  capacité  à prendre du  recul

 Soucis,  inquiétude

 Déception,  grande angoisse

 Piquant

 Feu, Air

 Purification

 V+ P+ K-

 Ambition,  motivation

 Colère

 Haine,  ressentiment

 Astringent

 Terre, Air

 Blocage

 V+ P- K-

 Optimisme,  bien-être général

 Peur

 Paranoïa

Les 6 goûts affectent donc considérablement les Doshas : Vata, Pitta et Kapha, ainsi que l’esprit et les émotions. Il est important que les 6 goûts soient représentés dans l’assiette, afin d’éviter les frustrations, en privilégiant évidemment les 3 goûts favorables à sa constitution. Selon l’Ayurvéda la plupart des pathologies digestives et métaboliques sont déclenchées par des problèmes de goût. Si quelqu’un favorise surtout le goût sucré, il crée à terme des blocages à différents endroits de la physiologie, ce qui entraîne des maladies. De plus, en privilégiant 1 ou 2 goûts dans son alimentation, la satisfaction et la satiété ne sont pas atteintes, ce qui entraîne une perturbation au niveau du comportement alimentaire. Plus on augmente un goût, plus on finit par en ressentir le « besoin ». De ce fait, on perd l’instinct de ce qui est sain pour sa santé.

“Air, Feu et Eau sont les 3 bases de la vie.” Sushruta

  • Vata est constitué essentiellement d’AIR et aussi de l’élément ÉTHER. Les goûts composés d’AIR augmentent naturellement Vata et ce sont : amer, astringent et piquant. Au final Vata ballonne !

  • Pitta est composé surtout de FEU avec un peu d’EAU. Les goûts où l’on retrouve l’élément FEU augmentent naturellement Pitta et ce sont : acide, salé et piquant. Pitta finit par s’enflamme !

  • Kapha est composé principalement d’EAU avec un peu de TERRE. Les goûts surtout doux et salé contiennent de l’élément EAU et augmentent naturellement Kapha. Résultat Kapha fait de la rétention d’eau !

Pour maintenir les Doshas en équilibre, il faut éviter de les pousser à l’excès. En clair, cela veut dire que chaque Dosha est nourri par les 3 goûts qui sont différents de sa nature propre. Voici à quoi ressemble l’assiette idéale pour chaque constitution :

  • Vata privilégie en bonne quantité les goûts : doux, salé et acide. Les autres goûts (amer, astringent et piquant) seront représentés en petites quantités.

  • Pitta privilégie en bonne quantité les goûts : amer, doux et astringent. Les autres goûts (salé, piquant et acide) seront représentés symboliquement.

  • Kapha privilégie en bonne quantité les goûts : astringent, amer et piquant. Les autres goûts (doux, acide et salé) seront représentés en petites quantités.

La cuisine ayurvédique est très savoureuse, puisqu’elle utilise beaucoup les épices et elle procure au final bien-être, santé et joie !

Si vous vous reconnaissez là-dedans, il est toujours temps de changer quelque chose. Un changement dans les habitudes alimentaires prend nécessairement du temps, il faut y aller par étapes pour arriver au but. La révolution est aussi délétère pour l’organisme que les mauvaises habitudes elles-mêmes. Le corps ne comprend pas un changement brutal, il risque d’avoir de la difficulté à éliminer les toxines et risque de réagir proportionnellement (boutons, inconfort, diarrhées…). Il vaut mieux être accompagné dans ce changement.

Si vous mettez en application les conseils ci-dessus, vous vous rendrez compte par vous-même que la santé et le bonheur passe par l’assiette ! Pour en savoir plus, rejoignez les formations

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