Huile bon ou mauvais ?

Commençons déjà par casser le mythe autour de l’huile. Les médias nous terrorisent avec l’huile. Dans la conscience collective, l’huile c’est mal ! Le gras est synonyme de cellulite, cholestérol, de surpoids, etc. Il faut l’éliminer ou la réduire au maximum. Alors qu’avec un peu de logique, on comprend que l’huile c’est essentiel à la vie.

Quand on regarde la membrane d’une cellule humaine de plus près, on se rend compte que la graisse est partout. La structure même de la cellule est une double couche de phospholipides dans laquelle il y a aussi du cholestérol. Grosso modo, cette bi-couche de phospholipides assure à la membrane cellulaire souplesse et fluidité et aussi garantit son rôle « imperméable », car il y a du liquide dans la cellule (cytoplasme) et à l’extérieur de la cellule (liquide extracellulaire). Il est donc indispensable de consommer des graisses de bonne qualité (acides gras polyinsaturés) pour maintenir en un parfait état fonctionnel de la membrane de nos cellules. Pour vous donner une idée, un corps humain contient environ 100’000 milliards de cellules, donc autant de membranes cellulaires. Cela fait beaucoup !

Source : http://jxlegacy.wixsite.com/biologie30/la-membrane-cellulaire
Source : http://jxlegacy.wixsite.com/biologie30/la-membrane-cellulaire

Un autre endroit où la graisse (lipide) est présente c’est le système nerveux ou plus précisément dans la gaine de myéline. Cette graisse permet d’isoler et protéger l’axone du neurone et d’augmenter considérablement la vitesse de propagation de l’influx nerveux. Au niveau du cerveau et moelle épinière, ce que l’on appelle la substance blanche est le lieu où se regroupent les axones myélinisés. Que se passe-t-il quand la gaine de myéline est atteinte ? Un exemple typique de démyélinisation est la sclérose en plaque. Encore une fois, il est nécessaire de consommer des acides gras polyinsaturés pour préserver le bon fonctionnement du système nerveux.

Source : http://www.eurostemcell.org/fr/factsheet/scl%C3%A9rose-en-plaques-comment-les-cellules-souches-pourraient-elles-aider
Source : http://www.eurostemcell.org/fr/factsheet/scl%C3%A9rose-en-plaques-comment-les-cellules-souches-pourraient-elles-aider

Force est de constater, qu’il y a une méconnaissance générale au sujet des huiles et des acides gras essentiels. Certaines matières grasses (acides gras saturés) que l’on consomme peuvent favoriser les inflammations, le développement de la plaque d’athérome, augmenter le cholestérol, perturber l’équilibre des triglycérides et provoquer par conséquent des risques d’accidents cardio-vasculaires. Ce qui est le cas des acides gras saturés qui se trouvent dans les produits animaux et certaines huiles végétales (palme, tournesol, arachide, etc.).

Il y a 2 sortes d’acides gras polyinsaturés : acide α-linolénique (oméga 3) et acide linoléique (oméga 6). Ces deux acides gras subissent plusieurs processus de transformations dans notre foie (désaturase et élongase) pour être converti en nouveaux acides gras dont les effets sur notre organisme sont vitaux.

Ainsi la chaîne des omégas 6(acide linoléique) est transformé en acide gamma linolénique (GLA) puis en acide Dihomo gamma linolénique (DGLA, précurseur de prostaglandine1) et finalement en acide arachidonique qui lui est pro-inflammatoire (prostaglandine2).

Tandis que la chaîne des omégas 3 (acide α-linolénique) se transforme en acide stéaridonique, puis en acide Eicosapentaenoïque ou EPA et finalement en acide Docosahexaenoïque ou DHA qui est un précurseur de prostaglandine3.

Il faut un bon équilibre entre les omégas 3 et 6 pour garantir un bon fonctionnement de notre système immunitaire. Un ratio correct en acides gras polyinsaturés est de 1 acide α-linolénique (oméga 3) pour 5 acides linoléique (oméga 6).

Dans la consommation moderne journalière dite « normale », on mange trop de produits laitiers, de viande (rouge ou blanche), de charcuterie (jambon) et des huiles de mauvaise qualité planquées dans les biscuits, viennoiseries et plats industriels. Le ratio d’une telle alimentation est d’environ 20 omégas 6 pour 1 oméga 3 ! Pas étonnant que les troubles apparaissent, car ces aliments sont chargés en mauvaises graisses qui n’amènent rien d’intéressant d’un point de vue micro-nutritionnel.

Les acides gras mono-insaturés sont aussi indispensables au maintien de l’homéostasie, protègent les LDL de l’oxydation, luttent contre le vieillissement prématuré, protègent des maladies cardio-vasculaires. On retrouve cet acide gras (acide oléique) dans l’huile d’olive. Depuis l’antiquité, les peuples méditerranéens connaissaient les propriétés thérapeutiques de l’huile d’olive. Elle est excellente pour la santé et fait partie intégrante du fameux régime Crétois. Quand on étudie de plus près sa composition, on se rend compte qu’il manque l’oméga 3 : acide oléique 74%, acide linoléique 7%, et toute une série d’acide gras saturé comme l’acide palmitique 10%, acide arachidonique 2%, acide palmitoléique 0.5%. Donc une consommation exclusive d’huile d’olive n’est pas suffisante pour l’équilibre.

Pour maigrir faut-il bannir l’huile de son alimentation ? Réponse NON

Mon expérience personnelle en témoigne. À l’adolescence, j’étais en surpoids et je suis allée voir une diététicienne pour maigrir. Bien entendu, au début j’ai perdu du poids rapidement. La diététicienne m’avait recommandé de manger des produits « light » et maigres. L’adolescence est une période délicate, j’ai fini par bannir toute forme de graisse et j’ai passé 7 années avec un trouble du comportement alimentaire type boulimie et mon poids a fait le yoyo. Des régimes sans graisse j’en ai fait pour perdre du poids. À 24 ans, je fais mon premier voyage en Inde. Pour ceux qui connaissent la cuisine indienne, c’est une cuisine extrêmement goûteuse mais surtout relativement grasse ! Je suis tombée amoureuse de cette cuisine épicée et me suis ainsi réconciliée avec la graisse. Depuis, je cuisine aussi gras qu’en Inde, mon poids est stable et mes analyses sanguines (cholestérol, triglycérides, vitamine du groupe B et ferritine) sont parfaites. Mon secret : consommer quotidiennement des huiles de bonne qualité (cameline, lin, olive, colza, noix et chanvre), des légumes, des fruits, des féculents et légumineuses, des oléagineux, de la viande blanche ou poisson 2 ou 3 fois par mois, fromage et charcuterie 3 ou 4 fois par an.

Peau sèche aujourd’hui, cerveau sec demain !

N’attendez pas que votre peau sèche vous supplie pour vous prendre en main. Imaginez, si votre peau est déjà sèche, dans quel état est le reste de vos cellules que vous ne voyez pas, parce que vous avez peut-être supprimé ou négligé votre consommation de bonne graisse. Il n’est jamais trop tard pour changer ses habitudes et redonner à son corps ce dont il a réellement besoin.

Alors quelles sont les huiles de bonne qualité ?

Il faut avant tout privilégier les huiles BIO de première pression à froid. Chaque huile a sa propre biochimie et contient divers acides gras essentiels. Ci-après, quelques huiles végétales riches en oméga 3.

L’huile de cameline est très intéressante pour les carences en oméga 3. Voici sa composition : acide α-linolénique 50%, acide linoléique 15-20%, acide oléique 12-25%, Vitamine E 7%

L’huile de colza contient : acide linoléique 24%, acide α-linolénique 10%, acide arachidonique 0.7%, acide oléique 21%, acide érucique 5%, acide palmitoléique 0.5%, acide palmitique 7% et acide stéarique 1%.

L’huile de chanvre est une merveille de la nature. Elle contient pas moins de 17 acides gras essentiels différents, entre autre 76% d’acide gras polyinsaturés dont 17% d’oméga 3 ! Elle se révèle très efficace dans la lutte contre le cholestérol sanguin.

La Doctoresse Kousmine ventait les mérites de l’huile de lin dans sa fameuse crème Budwig. En effet, cette huile contient : acide α-linolénique 45-58%, acide linoléique 18-28%, acide oléique 18-22%, acide palmitique 4-7%, acide stéarique 3-6%.

Il est à noter que les acides gras polyinsaturés sont très instables et ne supportent pas la cuisson. Donc on ne cuisine pas avec l’huile de colza ou de lin ou de chanvre ou de noix ou de cameline. Toutes ces huiles servent de condiments dans les crudités ou comme huile de table.

Pour un bon apport d’acides gras polyinsaturés, il faut consommer 3 à 5 cuillères à soupe d’huile par jour. Et le mieux c’est d’avoir plusieurs de ces huiles dans le placard pour varier tous les jours.

Pour cuisiner, préférez le ghee (beurre clarifié) ou la graisse de coco pour les cuissons à haute température et l’huile de pépin de raisin ou d’olive pour les cuissons à température basse.

Voici une petite recette riche en oméga 3, anti-oxydants et micro-nutriments

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« Rillette de sardine et avocat » pour 2 personnes

1 boîte de sardine avec arêtes à l’huile d’olive (pêchées en Atlantique Centre)
1 cuillère à soupe d’huile de cameline
½ cuillère à café de curcuma
½ cuillère à café de poivre noir fraîchement moulu
Le jus d’un citron vert
1 avocat bien mûr
1 oignon fane ou ciboule émincé
1 pincée de sel

Écrasez le tout dans un plat. C’est prêt à déguster sur une tranche de bon pain ou une galette de riz.

L’huile c’est aussi bon pour la peau !

Notre peau a aussi besoin d’huile pour son hydratation et sa protection. Les produits cosmétiques du commerce sont remplis d’ingrédients chimiques comme des dérivés des huiles minérales (pétrole) et les produits synthétiques ne sont pas biocompatibles avec notre peau. Ce qui signifie que notre organisme ne peut ni les métaboliser ni les assimiler. Notre corps refuse ces substances. Une utilisation quotidienne cutanée provoque :

  • Hypersensibilité cutanée
  • Dermatoses
  • Asphyxie de la peau
  • Déséquilibre de la peau : elle perd son élasticité, sa tonicité, les pores se dilatent et la peau s’infecte et n’arrive plus à métaboliser les principes actifs nutritifs
  • Les systèmes immunitaires et nerveux ainsi que la santé générale sont en danger

Et si nous retournions à plus de simplicité dans notre hygiène corporelle. L’Ayurvéda recommande dans la Dinacharya (la routine quotidienne) de s’huiler avant la douche. Ce geste nettoie la peau en profondeur et maintient le film lipidique naturel de la peau, la protégeant ainsi des agressions extérieures.

Pour conclure, l’huile est essentielle à une bonne santé, alors huilez votre corps de l’intérieur et votre peau de l’extérieur !

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